FEAR 2 : Mon Zavi-Zamoua
FEAR 2 -Project Origin-
"Et encore mec, tu m'as jamais vu jouer à Doom 3 ou terminer Medal Of Honor sans crever hein !
"Joli minoisFEAR impressionnait par sa qualité plastique et c'est donc sans s'étonner que FEAR 2 brille aussi de ce côté là. Si le premier baignait dans les tons froids, bleus et gris, son successeur se laisse plus volontiers envahir de teintes chaudes, oranges ou pourpres, particulièrement manifestes dans les inévitables cinématiques.

Tout est assurément conforme à un parti-pris photoréaliste et s'apercevoir que la finesse des textures permet de lire jusqu'aux journaux éparpillés à terre ou jusqu'à la marque d'un liquide d'entretien à vitres a assurément de quoi pousser le joueur à flâner sur les détails, à déchiffrer les post-it et contempler certains tableaux suggestifs.

Pourtant, et c'est là une opinion très personnelle, le photoréalisme ne parvient que très difficilement à remporter mon adhésion en même temps que mon imagination et je préfèrerai toujours -je l'avais déjà dis ailleurs- les visuels et ambiances improbables d'un Bioshock à la plate "copie" du réél, aussi fidèle soit-elle.
Malgré ce bémol, on fera le difficile à bouder le plaisir de ses mirettes, d'autant que le tout tourne sans aucun problème en 1920 X1200, toutes options à fond sur Gwendoline*.


FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-
Image 1 = " Promis Doc', c'était déjà comme ça avant !"
Image 2 = " Hé M'sieur; vous là au fond ! Sortez gentiment les bras en l'air et pas d'entourloupe !
Image 3 = " Hé Fox, J'veux bien faire un Twister mais arrêtez de tricher alors !"
Image 4 = "Oué, j'ai trouvé la texture crado du jeu !"
Gamine Hyperactive.FEAR, c'est aussi la grosse défouraille en cinémascope et « Projet Origin » conserve cette caractéristique, tout en y apportant des accommodements qui ne manqueront pas de surprendre et – pour les démolisseurs à vocation contrariée – de légèrement décevoir.

L'effet des armes sur l'environnement apparaît légèrement en deçà de ce qu'il avait été par le passé . Bien que les étincelles jaillissent toujours aux points d'impacts et que les trajectoires des projectiles sont toujours discernables en slowmotion, les impacts eux mêmes, sur le mobilier ou sur les murs, ont étés revus à la baisse. Plus encore, la poussière dégagée par les rafales ininterrompues a quasiment disparue.

Une grande sensation puérile du premier opus, qui conjurait la peur et la menace, résidait dans la puissance destructrice et oblitérante des tirs.

On se jurait, sans trop savoir où touchaient les balles, qu'avec un tel déferlement de plomb et de matière projetée, l'ennemi aurait bien sa part. La logique était évidemment parfaitement spécieuse mais contribuait grandement à rendre les affrontements riches en poussées d'adrénaline.
FEAR 2 vous permettra toujours de crier « Contaaaaaact » (ou « Aaadrieeeeenne », au choix

) sans toutefois parvenir au stade où le résultat de vos tirs n'aboutisse à la confusion visuelle du temps jadis.
Moins de poussière, mais par contre plus d'hémoglobine car, à la mode « Fallout 3 », les soldats ont une furieuse tendance à achever leur existence en éclaboussant comme des fruits trop mûrs.

FEAR reste tout de même du « combat grand spectacle » et, malgré quelques choix surprenants (on pourra ajouter celui de mettre en surbrillance les ennemis en slowmo, probablement une concessions aux cataracteux), c'est toujours un gros point fort de ce titre.


FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-
Image 5 = "Reviens gamine ! C'tait pour rire !"
Image 6 = "Ca dézingue les neurones Tf1 ) force hein ?"
Image 7 = "Purée, si j'avais ça dans Fallout"
Image 8 = "Dites sergent, ça vous dirait un tour dans les toilettes de l'école vouzémoi ?"Les gamins sont tous pareilsQuestion level-design, on déroge pas à la règle du « train fantôme » et les alternatives figurées par les nombreuses portes, s'achèvent toutes à une exception en impasses ou issues verrouillées. Faut décidément qu'on m'appelle le petit malin qui s'amuse à empiler les meubles et les cartons derrière les centaines de portes du jeu, j'ai à lui causer !

Une seule voie et bien peu de liberté pour flâner ou décider d'approches originales, la plupart des espaces se révélant en outre très exigus. Trop étroits, les salles et couloirs donnent à l'IA bien peu d'espace pour se jouer du joueur, trouver des couverts ou tenter des contournements. C'est d'autant dommage que, comme dans FEAR 1, une certaine roublardise adverse est au rendez-vous. Il cherche des couverts (mais laisse souvent dépasser une gambette), se déplace (mais trop souvent sous votre canon), balance des grenades et joue quand il le faut les campeurs vicelards. Rien de faramineux mais on est là dans la très bonne moyenne du genre, très fréquemment médiocre sous cet aspect.
Vous boufferez toujours énormément de bureaux et de conduits d'entretien et d'autres, identiques, quoique sans toit. Ah, on me signale que des extérieurs sont régulièrement au rendez-vous et c'est ainsi qu'ils faut les appeler !

Extérieur ou non, il y aura toujours à droite ou à gauche un mur, un monticule, un véhicule ou une crevasse pour que vous ne puissiez dévier de votre destinée.

Une linéarité passablement frustrante qui se justifie partiellement par un scripting envahissant – apparitions d'Alma en tête – dont certains vont néanmoins jusqu'à auto plagier l'ancêtre. Je pense là, à titre d'exemple, à la traversée d'un wagon de métro où l'apparition de la gamine et la mise en scène sont au moindre détail près ceux servis dans « Extraction Point », le supplément de Fear 1.


FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-
Image 9 = "Si j'avais arrêté de faire ça à l'école, j'en serai pas là"
Image 10 = "Fear 2 est beau...mais des fois...quand même..."
Image 11 = "t'as fichu où tes fringues petites dévergondée ?"
Image 12 = "Ok, je crois maintenant connaitre la trombine des développeurs...j'sais donc quoi faire si le jeu plante"
Même plus peurGarni de davantage d'ennemis et d'action, FEAR 2 laisse aussi moins de temps « tranquilles et oppressant » qui laissent monter l'angoisse. Le rythme accru se fait au détriment de la peur primale et il me semble qu'on trouvera moins de matière à tester les limites de ses capacités cardiaques.
Ceux qui découvriront FEAR 2 sans avoir goûté au premier trouveront sûrement dans la multiplication des apparitions et des jeux visuel des motifs de s'ésbaudir...les autres penseront qu'à force de balader la gamine derrière chaque recoin de couloir, on commence à se lasser de la suivre.

Après, techniquement parlant, ces scènes « paranormales » sont d'une plastique irréprochable et très travaillées. Le souci est finalement juste que je lâche maintenant les touches du clavier pour les admirer -comme au musée- plutôt que de rester les doigts crispés dessus et la bouche entrouverte.

A force de tirer sur la corde, et malgré le manifeste grand professionnalisme de ces créatifs, on tourne tout de même un peu en rond, aussi bien dans les effets qu'en terme de scénario.
Nouveaux jouetsQuestion arsenal, on reste strictement dans celui du premier opus, soit assez fourni. Toutefois, le fusil d'assaut et le pistolet mitrailleur se révélant très bons à toutes sortes d'usages, c'est trop rarement qu'on tirera parti d'engins plus originaux (ou destructeurs). J'ai pour ma part achevé le jeu en ayant tiré sûrement moins de 10 roquettes et seulement deux ou trois tirs de la fameuse arme à énergie. Le lance-clou est heureusement toujours de la partie et, quand on choppera quelques trop rares de ses munitions, c'est avec plaisir qu'on refera la décoration murale.

FEAR 2 s'enrichit de deux variétés qui se révèleront pour l'une anecdotique et pour l'autre, franchement de trop (heureusement très court à l'usage)
-La première offre quelques courts passages dans une sorte de Mechwarrior du cru. C'est assez amusant quoique limité et on ne tirera au final que le plaisir éphémère d'avoir « balancé la sauce » en soulevant la puissance destructrice sur plus petit que soi.

La seconde est l'utilisation d'une tourelle de véhicule. Deux fois trois minutes plutôt loupées...pas de quoi faire un fromage.


FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-

FEAR 2 -Project Origin-
Image 13 = "M'en parle pas, j'connais un Geek à Grenoble qui fait pareil"
Image 14 = " Je vous emmerde ? Vous faisiez quoi les mecs là au juste ?"
Image 15 = "Enfin un peu de douceur !"
Image 16 = "Houlà, ça sent la fin du jeu là"Tu joues avec moi ?Oui, bien sûr, car malgré les nombreuses réticences dont j'ai parsemé ici et là mon avis, FEAR 2 reste un très bon FPS, fidèle dans le genre qu'il a lui même crée.

FPS de petits pas, d'approches lentes, on avancera le plus souvent les nerfs tendus comme des strings, dans l'angoisse d'une rafale de flanc ou d'un sniper qu'on n'aura pas repéré à temps. C'est un FPS « respiratoire » et non un shooter survolté dont on fait des titres différemment jouissifs en multi.
Parfois, et je me suis dans ces cas surpris à sourire après être resté quelques secondes interdit devant mon écran, on se prend à refuser d'avancer. On sait que derrière l'angle du couloir attend la « Mort en kaki et fusil mitrailleur » et on se dit « non, je n'irai pas, pas par là, je prendrai par ailleurs »...tout en sachant que non, décidément, il faut bien passer par là pour finir le jeu

...et on passe l'angle en roulant des épaules au dessus du clavier et à bondir de couvert en couvert le doigt juste au dessus de la commande « ralenti » dès qu'un canon fera mine de se pointer.

Évidemment, comme vous n'êtes pas des tocards, vous jouerez en « difficile », niveau de difficulté très abordable malgré quelques passages ardus....et niveau où une rafale dans les omoplates suffit à vous faire envoyer Ad Patres

Bon, assurément bon...moins inoubliable que son prédécesseur mais très sûrement une bonne affaire au prix où il est actuellement.


FEAR 2 -Project Origin-
"C'est bien sergent, vous avez finalement décidé de vous pencher sur la question, continuez"* Gwendoline : Q6600, 4 Go de RAM (avec Windows XP), Geforce 8800 GTX
PS: Ya encore certainement tout un tas de choses dont j'aurai du vous parler mais qu'à cela ne tienne, chuis là pour y répondre hein !
