Made in Normandie

Battlefront débarque Combat Mission : Battle for Normandy en mai

Collaborateur français en tenue de camouflage « bocage normand »

Les chroniques de juin 1944 accordent bien peu d’attention à ceux qui agitèrent les bocages normands en marge des grandes manœuvres du débarquement.

Le bassin et le ventre jetés en avant dans un déhanché viril et décomplexé -sensé inspirer le respect à la gente bovine-, les joues rubicondes, l’accent animé par une mâchoire qu’on croirait pleine des galets du Mont Saint Michel, le « pimpant » du paysan normand n’a pas suffit à lui assurer une légitime notoriété en tant que figure incontournable de ce fameux évènement de la seconde guerre mondiale.

Dans l’historiographie occidentale et anglo-saxonne en particulier, un climat assez  net de défiance réciproque existait entre le normand et ses « libérateurs ». A titre de symbole, si les français retiennent le terme de « Débarquement », les Histoires américaine et anglaise se sont entendus sur le mot « invasion » pour qualifier le 6 juin 1944.

Des différences de choix sémantiques qui en disent long sur la méfiance des américains à l’endroit d’un peuple non moins suspicieux envers des individus qui déclinent -même poliment- une seconde lampée d’alcool de pomme.
Stone et Charden ont depuis bien tenté de rabibocher l’autochtone et le soldat d’outre mer en commettant « Made in Normandie« , une œuvre musicale subtile à mi-chemin entre hommage vibrant aux combattants de la liberté et ode paillarde aux fornications champêtres.
Rien n’y a fait cependant; quelques anecdotes rapportant que certaines normandes ont tenté d’abattre des soldats américains en fuyant avec leur a(lle)mant ont laissé une impression mitigée à nos sauveurs. Pourtant, il n’est pas si anormal d’imaginer que certaines jeunes femmes se soient décidées à presser la détente avant que, selon la tradition, un américain enivré par la victoire ne les tire.

La guerre fût en Normandie sans galanterie ni courtoisie, à l’image des bombes alliées qui tombèrent sur Caen sans y être invitées.

Démo de Combat Mission : Battle for Normandy probablement cette semaine avant celle du jeu, vers la mi mai 2011.

Combat Mission : Battle for Normandy sur les forums Esprits.net

Tremblez !

…Devant Shogun 2 : Total War

Une série qui vacille ?

« Tremblez ! » : Un titre de billet qui se veut vigoureux et prometteur,  et un clin d’œil d’un goût douteux à des récents et sinistres évènements, qui ont toutefois la courtoisie de se dérouler sous des méridiens où je ne projette pas de passer mes prochaines vacances.

J’ai beau me frictionner avec ardeur les parties les plus ludérogènes de mon intimité, c’est à peu près tout le tonus que je parviens à dégoter à l’occasion de la sortie de Shogun 2:  Total War ce 15 mars 2011. C’est finalement bien pauvre et ambivalent pour une série qui en fît jadis frissonner beaucoup.

La sortie de Shogun 2, c’est un peu ce sempiternel changement à Chatelet pour le métro Saint-Michel, qu’on exécute mécaniquement chaque midi pour becqueter un jambon-beurre à l’endroit précis où on le fait depuis des années, sans trop savoir pourquoi. Puisqu’il n’existe pas à ma connaissance d’atavisme reconnu aux consommateurs de sandwich bon marché, ce doit être la simple force hypnotique de l’habitude.

Les tests précoces du jeu demeurent bons, recyclent les éloges déjà attribués aux anciens et vous promettent que sur les points décriés, Créative Assembly fait -enfin- amende honorable. Je l’acheterai et y jouerai… La force de l’habitude vous dis-je. Y trouverai-je plus de beurre cette fois ?

Shogun 2 sur Esprit

 

Le crépuscule du jeu

Aurora, le 4X « à la Benou »

Dracula (1931) Uncut

En matière de jeu comme en amour et beaucoup d’autres sujets, il n’existe pas qu’un seul chemin vers le plaisir. Les joueurs les plus nombreux empruntent les grandes voies empierrées ,  sur des itinéraires reconnus et praticables, qui ont fait depuis longtemps la preuve de leur sûreté.

Il existe aussi des chemins champêtres moins fameux, dont certains constituent d’adorables variantes, et d’autres s’abîment en ravines ou s’enlisent en tourbières et en marais glauques.

Enfin, le joueur original pourra trouver quelques tracés sinueux dont il est facile de perdre la trace.  Ces raidillons courent à travers les terrains malaisés,  serpentent dans les rudes vallons et franchissent des cols durement escarpés.

Aurora est un de ces petits chemins improbables vers le bonheur, à l’usage de ceux qui considèrent Excel comme la forme d’art la plus pure et accèdent à l’extase en y insérant leurs propres formules.

Si la faculté d’abstraction est indissociable de toute pratique ludique, peu de jeux ne l’ont jamais véhiculé à un aussi haut niveau.

Aurora sur Esprits.net

Gare là Daddy, y’a Dalida !

Ya du soleil et des cadavres…

On va s’en bouffer jusque là.

Bien avant que Romero s’accroche au thème avec la vigueur qu’un clebs pervers met à entreprendre un mollet bien galbé, le Zombie apparaît pour la première fois en 1932 au cinéma dans «  White Zombie « . L’immense Bela Lugosi y incarne un étrange maître de plantation d’Haïti, capable de dominer les esprits de victimes laissées pour mortes, enterrées dans un état comateux.

Originellement, Le zombie apparait donc comme un être privé de conscience sous l’emprise d’un sorcier Vaudou. Ça n’est qu’un peu plus tard qu’on en fera un cadavre ambulant, à l’instar du Vampire -dont Lugosi fût d’ailleurs l’inoubliable figure des années 30 en endossant la cape de Dracula.

Très présent dans le genre fantastique hollywoodien, je n’ai par contre pas connaissance que le personnage du Zombie ait fait florès dans le cinéma Français, alors que le jeu facial de Jean Lefebvre lui avait pourtant depuis longtemps préparé le terrain.
Tout d’abord lent et gauche, privé de discernement, possédé « en vie » ou post-mortem, on peut observer des variations récentes de la créature dans le cinéma.
Auparavant impassible, son visage s’anime maintenant plus souvent de la clarté sombre de la haine. Il est à présent habité d’une agressivité vigoureuse et démoniaque. Les Zombies survoltés de « Left For Dead » ou « Dead Island » ne sont ainsi plus ceux de « Shawn of The Dead« , lequel conserve une approche relativement traditionnelle de la créature et en renforce même l’apathie.

La seconde évolution tient à l’origine de la métamorphose ou « Zombification » qui glisse subtilement dans l’histoire des causes magiques ou religieuses à celles de la maladie, de l’infection. Ainsi, sortilèges et malédictions -peurs d’hier- sont bousculées en coulisses par la terreur contemporaine : Celle de la pandémie.

Les épidémiologues nous prédisent le retour d’un phénomène comparable à la Peste Noire – sous une forme ou une autre-  et la grippe H1N1 n’en aurait été qu’un précurseur en forme de pétard mouillé pour le coup.

Les Créatures de « 28 jours plus tard » ou celles de « Je suis une légende » peuvent-elles encore être désignées par le terme de « Zombies » ? Le combat sémantique est déjà d’arrière-garde puisque, dans un consensus populaire, ils représentent les nouvelles formes de ce qu’on appelle encore des « films de zombies », ajoutant à la confusion du terme.

Pour l’heure, ce sont les zombies de  Dead Island qui reviennent à la vie par le biais du très beau Trailer que vous visionnerez au dessus.

Le Topic Dead Island sur Esprits.net

Little Big Horn

Formule Dé : Géronimo Champion 2011

« Spirits last stand »

L’Indien d’Amérique est généralement discret, quand il n’est pas carrément réservé. Ayant fait montre pendant des siècles d’un comportement clairement asocial, voire agressif à l’encontre de son adversaire défenseur des libertés, l’indien demeure revêche et peu connu.

Le décrire comme un animal à plumes qui vole mal ne suffit pas à le différencier de l’autruche ou d’une égérie androgyne des soirées parisiennes. Finalement, peu de caractéristiques en font une catégorie de population remarquable, si ce n’est le respect que leur vouent les Bretons pour avoir transcendé le concept d’alcoolisme transgénérationnel. En creusant un peu, on ajoutera la délicate attention d’avoir placé leurs cimetières sous les ilots pavillonnaires.

Pour être juste, Il y a bien également de leur part un ou deux faits d’armes émérites, telle la Bataille de Little Big Horn où Cheyennes et Sioux s’en sont allés tailler un Custer aux petits blancs.

A cette gloire éphémère et ancienne, on ajoutera enfin cette année la consécration d’un autre indien. Géronimo vient en effet, au terme des dix-huit Grands Prix de la saison Formule Dé, saisir le trophée du vainqueur !

Le classement final du Trophée Esprits 2011

Le blues des bleus

« Scourge of War : Gettysburg » – Tutorial de brigade

Présentation vidéo – 2ème partie – Tutorial de brigade 1/3 par Kalliser

Seconde partie du feuilleton consacré à Scourge of War : Getttysburg divisée elle même en trois parties (près de 45 minutes de vidéo commentées au total), roulées sous les aisselles par Kalliser.Le prochain épisode sera consacré au tutorial de division.

Tutorial de brigade 2/3 — Tutorial de brigade 3/3

Courge de Bataille : Guettysbourg

« Scourge of War : Gettysburg » : Le wargame qui a bougrement besoin d’un traducteur.

Présentation vidéo – 1ère partie- Par Kalliser

Il est de ces jours étranges, comme aujourd’hui, où il est difficile de soupçonner qu’on trouvera l’occasion  d’évoquer « Général Lee » et « Shérif fait-moi peur ! » sans passer pour un blaireau.  Des jours rares où l’on se prend à tirer du grenier le carton des « Tuniques Bleues » pour y retrouver l’album dans lequel Blutch rassemble assez de courage pour tirer dans le dos de Chesterfield.

Des jours où l’on se sent assez doux et compréhensif pour mater Patrick Swayze sans gémir comme un ours agonisant. Des jours comme ça, où des « revenants » comme Kalliser tirent  subitement de leurs cartouchière une vidéo rare de qualité d’un titre alléchant : « Scourge of War : Gettysburg ».

Première partie d’un feuilleton en bleu et gris, qui sent la poudre.

Scourge of War : Gettysburg sur EspritSite du developpeurdémo

Esprit Bowl 2011 tire son coup d’envoi

Par Lemarseillais

Les Amazones et leur coach

Chuuuut ! Écoutez ! Mais ?! Ce ne serait pas…..? MAIS OUI C’EST LUI ! L’ESPRIT BOWL EST DE RETOUR ! Dans une nouvelle édition qui promet toujours plus. Plus de jeu (plein d’équipes légères), plus de blessures (plein d’équipes légères), plus de monde au balcon (plein de bourses légères). Un grand succès en perspective.
Votre dévoué serviteur, Mehmet Scholl,  est parti à la rencontre du très populaire coach Lemarseillais pour une interview d’anthologie:

« Salut coach, comment allez vous avant ce début de saison ?
Bien merci. La trêve de 5 mois a fait son effet. Je me sens en pleine forme et prêt à de grandes choses.
Dois-je comprendre que vous avez tiré un trait sur la finale perdue de la saison dernière ?
(Songeur)……il le fallait bien. Toutes mes requêtes auprès des instances n’ont pas donné de suite. Il existe des forces dans ce monde contre lesquelles on ne peut rien.
Vous pensez donc toujours que votre adversaire en finale, les Gros Ricots, ont volé leur victoire ?
(S’emportant) Mais bien évidemment puisque c’est la vérité ! Plein d’éléments le prouvent. D’abord, que des gros bourrins verts capables de défier en duel un rubixcube récalcitrant arrivent en finale d’une compétition dont ils ne connaissent même pas les règles est étonnant. Qu’en plus, ils gagnent cette finale sur le plus petit des scores à la dernière minute. Enfin, et non des moindres,  que SEULEMENT 2 elfes sur 12 KO aient réussis à reprendre leur esprit pour revenir dans le match,  ce n’est pas normal. C’est impossible.
Mais votre collègue, Synidoc, le coach des Gros Ricots, vous a accusé de calomnies et d’être mauvais perdant.
(Rires forcés) Ah ah ah. Rien que le casier judiciaire CV de ce criminel coach pourrait suffire à justifier l’ouverture d’une enquête. Je vous interdis d’ailleurs de parler d’un collègue. Je n’ai jamais participé à des activités louches moi môsieur. Il est de notoriété publique que cet individu fut à une époque un obscur fournisseur médecin très prisé des équipes cyclistes. [Suite de l’interview sur le forum]

L’Esprit Bowl 2011

Lemarseillais

Un sentiment de déjà bu

Trophée Formule Dé 2011 -Lafrite en tête du championnat.

« Ce serait pas des fois de la patate..?

-Si, y’en a aussi »

Le sentiment de « déjà vu » est plausiblement l’expression d’une chimie complexe du cervelet, ou de tout autre partie du cerveau humain qu’on ne me fera jamais gober à la cuillère sans citron. La science peine toutefois à définitivement élucider le mécanisme du phénomène, autorisant ainsi Elizabeth Tessier et Paco Rabanne à jouer les pique-assiettes des émissions paranormales.

Pour avoir sérieusement enquêté, je suis toutefois en mesure d’afficher un certain nombre de certitudes statistiques, dont je laisse la science se saisir si elle le souhaite, c’est cadeau.

La probabilité d’un « déjà vu » issu de la contemplation des reflets irisés d’une piscine est incomparablement plus importante à Ibiza qu’à Sedan. Dans ces deux lieux,  il en est parfaitement de même pour ceux qui prétendent l’avoir ressenti lors d’étreintes amoureuses y compris en ne conservant dans l’échantillon -à des fins de rigueur statistique- que les déclarants qui ont effectivement pu voir leurs partenaires.

La proximité géographique des Ardennes semble donc inhiber la naissance de stimulus propres à l’éclosion de cette étrange perception, et c’est donc avec un grand étonnement qu’on trouvera Lafrite provisoirement en tête du championnat Formule Dé 2011, juste avant la pause hivernale.

Cthulhu by night

Amnesia : The Dark Descent; une œuvre inspirée

Il y a dans le nom de ce studio des sonorités de débordements moites et virils qu’on pourrait surprendre dans un sauna scandinave. Une idée de Chaleur et de tendresse.
Pourtant, Frictional Games nous pond un titre perturbant, étrange et réussit en même temps un beau pari en faisant de « Amnesia : The Dark Descent » un monument de Survival Horror indépendant.

Un château Prussien au XIXème siècle, un mystère, une ombre obscure et implacable, une plongée double dans les entrailles corrompues d’une bâtisse et de l’âme, Amnesia est un jeu d’ambiance et d’énigmes.
Mais avant d’être un jeu au sens commun, c’est une expérience, qui réclame à celui qui veut la vivre un investissement, une discipline qui métamorphosera de simples faits incongrus en des moments de terreur panique .

Amnesia : The Dark Descent propose un deal, un pacte avec le joueur et promet l’angoisse à celui qui laissera entrebâillées les portes des ses terreurs enfouies, vivaces lorsqu’on les met au jour.
Pour le prix de la porosité des barrages de son esprit et du respect des recommandations du studio, il vous insufflera en effet une épouvante sourde et envahissante, dont l’accumulation rendra parfois la poursuite du jeu insupportable…mais vous y fera revenir fasciné.

Amnesia : The Dark Descent sur Esprit