Zoner dans sa tête le soir du réveillon

 

Il n’existe pas une foultitude de méthodes pour éclabousser les convives de votre intelligence un soir comme celui un réveillon de noël. Il y a bien le genre de méthode qui nécessite la consultation des pages de votre dictionnaire les moins ternies par l’usage, à la recherche de quelques mots abscons, que vous tenterez la peur au ventre et sans bredouiller, de replacer à bon escient et lorsque vous serez assuré que tous le monde vous écoute. Des méthodes assez dangereuses si vous vous y prenez après l’apéritif, où transformer « Superfétatoire » en gargouillis d’ivrogne vous promet au contraire d’être « oublié » par vos proches noël prochain.

De mon côté, je préfère de loin me badigeonner tout seul de mes traits d’esprit, en tout égoïsme, quitte à passer pour un crétin auprès des personnes qui me verraient glousser seul à mes propres et silencieuses absurdités. Rien  n’égale en effet à mes yeux les joies qu’on trouve dans les associations d’idées débridées, où « talonnette » cotoie « Elysée » en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Pygmée ».

La psychanalyse utilise les associations d’idées à des fins thérapeutiques.  Rorschach s’est aussi rendu fameux avec son test d’associations, consistant à repérer un papillon dans une tâche d’encre représentant votre mère sectionnant avec un sécateur une paire de cerises. Si vous trouvez le papillon, notez que vous économisez plusieurs séances, ce qui est plutôt sympathique si vous ne bénéficiez pas d’une bonne mutuelle santé.

Laisser dériver son esprit à la quête d’associations d’idées réussies réclame néanmoins une certaine dose d’expérience. Pour vous y aider, il vous faut libérer votre esprit de toute contrainte. Le truc consiste à se mettre dans la disposition mentale d’un type qui urine dans ses toilettes sans le moindre égard ni scrupule pour les bords de la cuvette. Je ne sais pas pour vous, mais, c’est le genre d’analogie qui me parle à moi.

Mes facultés intellectuelles probablement parasitées par la fréquentation excessive de blogs ukrainiens, je persistais jusqu’ici à associer « Glace », »Beauté » et « immersion » à Natacha vautrée nue sur une peau d’ours blanc.

Natacha, ne me hait point, maintenant je songe à Skyrim.

Gare là Daddy, y’a Dalida !

Ya du soleil et des cadavres…

On va s’en bouffer jusque là.

Bien avant que Romero s’accroche au thème avec la vigueur qu’un clebs pervers met à entreprendre un mollet bien galbé, le Zombie apparaît pour la première fois en 1932 au cinéma dans «  White Zombie « . L’immense Bela Lugosi y incarne un étrange maître de plantation d’Haïti, capable de dominer les esprits de victimes laissées pour mortes, enterrées dans un état comateux.

Originellement, Le zombie apparait donc comme un être privé de conscience sous l’emprise d’un sorcier Vaudou. Ça n’est qu’un peu plus tard qu’on en fera un cadavre ambulant, à l’instar du Vampire -dont Lugosi fût d’ailleurs l’inoubliable figure des années 30 en endossant la cape de Dracula.

Très présent dans le genre fantastique hollywoodien, je n’ai par contre pas connaissance que le personnage du Zombie ait fait florès dans le cinéma Français, alors que le jeu facial de Jean Lefebvre lui avait pourtant depuis longtemps préparé le terrain.
Tout d’abord lent et gauche, privé de discernement, possédé « en vie » ou post-mortem, on peut observer des variations récentes de la créature dans le cinéma.
Auparavant impassible, son visage s’anime maintenant plus souvent de la clarté sombre de la haine. Il est à présent habité d’une agressivité vigoureuse et démoniaque. Les Zombies survoltés de « Left For Dead » ou « Dead Island » ne sont ainsi plus ceux de « Shawn of The Dead« , lequel conserve une approche relativement traditionnelle de la créature et en renforce même l’apathie.

La seconde évolution tient à l’origine de la métamorphose ou « Zombification » qui glisse subtilement dans l’histoire des causes magiques ou religieuses à celles de la maladie, de l’infection. Ainsi, sortilèges et malédictions -peurs d’hier- sont bousculées en coulisses par la terreur contemporaine : Celle de la pandémie.

Les épidémiologues nous prédisent le retour d’un phénomène comparable à la Peste Noire – sous une forme ou une autre-  et la grippe H1N1 n’en aurait été qu’un précurseur en forme de pétard mouillé pour le coup.

Les Créatures de « 28 jours plus tard » ou celles de « Je suis une légende » peuvent-elles encore être désignées par le terme de « Zombies » ? Le combat sémantique est déjà d’arrière-garde puisque, dans un consensus populaire, ils représentent les nouvelles formes de ce qu’on appelle encore des « films de zombies », ajoutant à la confusion du terme.

Pour l’heure, ce sont les zombies de  Dead Island qui reviennent à la vie par le biais du très beau Trailer que vous visionnerez au dessus.

Le Topic Dead Island sur Esprits.net

Vieux pots et liposomes

Peut-on arrêter le progrès ?

Certains d’entre-vous doivent bien se souvenir de cette publicité Herta, où un garnement vagabonde sous son galurin de pécore près d’un ruisseau champêtre. Le petit s’applique avec méthode à tailler une planche de balsa tandis, qu’alternativement, on observe sa mère confectionner de délicieuses mouillettes parées de jambon.

Si Nul ne s’est jamais ému qu’un gamin empoigne une arme de mort à l’insu de ses parents, le slogan a par contre beaucoup marqué les esprits : « Ne passons pas à côté des choses simples ».

Tout dans la composition du spot contribue à former une nouvelle variante d’un lieu commun plutôt coriace : « Les bons produits sont invariablement issus d’une passerelle jetée entre la tradition et la modernité ».

Conformément à cet axiome, rien ne serait donc de qualité s’il ne découle pas des enseignements d’une époque où votre mère fréquentait Toutankhamon aux bals druidiques et n’était pas amélioré de quelques ingrédients qu’on trouverait dans l’armoire à condiments de Buck Rodgers. Tradition et modernité. sacré et progrès. Mythe et science.

Mamie Nova semble bien avoir été lourdée du petit écran, mais pas sa vieille cuillère en bois, qu’agitent les doigts de nacre de La Laitière qu’on devine de plus en plus ferme et sucrée sous ses lourds et grossiers jupons. Jeunesse et expérience mêlées, encore une fois.

Sans concessions pour les arguments faciles, Esprits.net fait le « pari des vieux pots », en eux-mêmes et pour eux-mêmes. Seuls. Ainsi, en manière de prolongement de l’ « Odeur de madeleine » du dernier billet, vous trouverez dès demain une section « Unplugged » consacrée aux jeux non-informatisés.

Jeux de rôle sur table, jeux de plateau, jeux de cartes sans PC ni consoles…mais pas sans convivialité. Si seulement quelques-uns d’entre-vous finissent une seule fois un jour autour d’une simple table pour échanger et jouer; il me semble que ce pari sera gagné.

Une odeur de madeleine

Un effluve de Proust.

Extrait du « Meneur des Anneaux« 

« Une Odeur de Madeleine…». Le mot n’est pas de moi, mais de Jihcé qui flâne parfois en librairie, un regard inspiré sur les rayonnages érudits et vaniteux situés aux antipodes des vitrines qui abritent le dernier San-Antonio.

En l’espèce, c’est l’odeur subtile et sucrée des regrets d’un âge tendre, où les excès de Sébum concourent contre ceux des fantasmes inassouvis des jeunes hommes. Ô que ces dryades lycéennes étaient belles, fuselées et galopantes en mini-jupes, étoffes-étendards d’une jeunesse qui découvre la puissance dévastatrice de sa récente féminité !

C’est aussi, pour beaucoup de ceux qui sont aujourd’hui des trentenaires placides, l’ésotérisme enthousiaste des parties de Jeu de Rôles sur table de cette époque.

Modalité d’expression, creuset identitaire, refuge domestique ou véhicule de l’imagination…peu échappent parfois dix ou quinze années après leur dernière séance à la nostalgie diffuse, périodique, récurrente, de cette « Madeleine sociale » qui forme aujourd’hui le terreau culturel de nombre de pratiquants adultes de jeux vidéos.

Quelques liens de nos meilleurs radotages imbéciles de rôlistes sur Esprits.net :

Le Jeu de rôles ? Cékoissa ?Du Jeu de rôle « Recette Traditionnelle » sur Esprit ?Le Meneur des AnneauxWarsaW, le JDR papierRêve de Dragon : une invitation au voyageKiller : Le jeu de l’assassinLa Murder Party

Red is Dead Redemption

He’s Back !

Il y a parfois des moments maudits de l’existence où l’on est incapable de tirer un bon mot, une belle idée, une gracieuse idiotie d’un bon terreau culturel. C’est le cas cette semaine du western. Voilà en effet des jours que je m’échine à tirer en vain une belle substance des si riches et bariolées images de John Ford, des moites amoralités  de Sergio Léone, des thèmes intemporels d’Ennio Morricone ou encore des pastiches des westerns spaghettis de Marcel Gotlib.

Wayne, Eastwood, Wallach, Van Cleef, Bronson, Fonda, Mac Queen, Coburn et tant d’autres devaient bien à eux tous parvenir à m’inspirer un beau billet abondant en héroisme, en sueur, en plumes et en wouwouwouwouwou (ceux qui ont répondu en « choubidoubidou wap » se sont plantés)

Illustrer sur le blog Red Dead Redemption, fameux GTA au Far west, devait donc en d’autres termes s’avérer facile, pouvoir être accompli sans trop se fouler la calebasse.
Mais non, en vain, il m’a donc fallu trouver une bêtise ailleurs…et j’en suis profondément désolé.

Red Dead Redemption sur Esprit.

Gros calibre

7.62 High Calibre

Tout ce qui se trimballe en marcel moite, assisté d’armes de gros calibres, sous une chape de touffeur tropicale, n’a pas naturellement la distinction des romantiques explorateurs d’antan.

Y en a t’il encore un parmi ceux là qui, bercé par les fictions d’aventure de sexe et d’exotisme; songe à tendrement coucher la Reine de Saba ? Y en a t’il un seul parmi ceux là qui rêve d’une dynastie princière, fruit des ébats sur l’autel sacré des sept cités de Cibola ?

Un seul sûrement, mais pas parmi les mercenaires sans idéaux, les gueules cassées, rugueuses de « 7.62 high calibre », le dernier successeur de Jagged Alliance.

7.62 High Calibre sur Esprits.net

Klingonnerie

Star Trek Online

Lundi était dans mon espace d’existence personnel, délimité d’un côté par le placenta et de l’autre par le terreau, une sorte de foire à la kermesse technologique: 35 années d’égarement -d’aucuns diraient de liberté- avant que d’acquérir ce jour là même un téléphone mobile.

 « Un portable que pourrait faire fonctionner un débile profond, puisqu’en l’occurrence il est pour moi » avais-je commandé au jeune vendeur -qui portait la barbe plus baroudeuse que moi encore. Ce dernier m’a répondu d’une oeillade entendue et d’un mouvement du menton comme pour approuver ma lucidité.

Malgré cet avertissement, j’eus tout de même bien plus de mal à maitriser les quatre boutons principaux qu’à brandir fièrement l’objet, le clapet séchement relevé d’un geste précis du pouce, les jambes arquées dans la posture virile -et teintée d’érotisme- de James T. Kirk dégainant un phaser.

Ne sachant trop imiter une ventouse qu’on ferait jouer sur un juke box braillant du Gloria Gaynor, mon interprétation vocale du phaser devait être par contre plutôt décevante.

Je n’en conserve pas moins du souvenir de cet achat, le premier téléphone mobile de mon existence, une entrée symbolique dans les âges glorieux du futur. Parti sur cette lancée moderniste, je cède à l’envie, afin de transformer l’essai, de m’élancer dans les espaces insondables de Star Trek Online.

Star Trek Online sur Esprit

Pratiques solitaires

Borderlands, le plaisir à plusieurs.

Mad Max a la classe.

Généralement infesté de traumatismes juvéniles, caquelon bouillonnant d’une psychologie riche et perverse, le Héros Solitaire traverse les pages et les scènes d’innombrables œuvres d’une démarche animale et nuancée.

A l’instar de Perceval le Gallois, de Marlowe ou de Bernie, Mad Max est de ces figures fameuses et archétypales du héros solitaire, vénérées des auteurs de fictions torturées.

Il est un reflet de chacun, le miroir de l’excellence et l’illustration du terrifiant abandon maternel primitif. Il fascine, il insuffle admiration et compassion.

Après, s’agissant de Max, Lorsqu’on sera fatigué de nourrir des considérations métaphysiques sur la pauvreté de son tissu social et écheveau complexe de ses pensées…On ne trouvera finalement en lui qu’un type à l’hygiène douteuse qui ne dédaigne pas de se couvrir de cuir dans l’obscurité des garages, d’astiquer les joints de culasse, de tripoter les pots d’échappement ou d’être absorbé par le siphonnage rythmique de jerricans récalcitrants.

Probablement est-ce pour éviter les dérives de cette sorte, compagnes des solitudes prolongées; que Le Borderlands de Gearbox vous propose l’expérience coopérative à quatre, dans la fraicheur sèche de son univers post-apocalyptique.

Borderlands vaut décidément le crochet d’un Interceptor.

Borderlands sur Esprit

Voodoo Child

« Point Lookout », l’enfant de Fallout 3 qui sent la tourbe.

Les gens du sud ne font décidément rien comme tout le monde.  Si vous êtes Sarcellois, ce  n’est que la confirmation de vos doutes persistants à l’égard de ceux de Vanves-Malakoff ou de Gentilly.  C’est la reconnaissance longtemps espérée que « Non, vous n’êtes pas dément » de jeter depuis des années un œil torve et paranoïde sur ces gens là.

Mais aux États-Unis tout fût; tout est plus grand, des tours aux guerres…et l’expression en est là-bas transcendée. Je parlerai surtout le l’étrangeté du sudiste blanc car l’homme noir, lui,  reste à cet endroit là humble et discret, pour avoir toujours préféré le coton au cachemire et à la soie.

Le Sudiste Blanc est radin, c’est un fait. On murmure dans les milieux autorisés que convoler en noces entre cousins économise le repas dévolu chez nous à la belle famille et que la progéniture issue de ses ébats incestueux à toutes les probabilités de ne pas quémander plus tard une bourse pour les Grandes Écoles du Pays.

En Louisiane, on est en plus vaniteux : on ne cherche plus en effet  l’eau au fond du puit, on la méprise du haut des toits. Pays de moiteur et de mystère, les poupées Barbie oxygénées y font un tabac auprès de jeunes afro-américaines…les aiguilles aussi.

…Dégénérescence, rites ancestraux psalmodiés dans la touffeurs de marécages clapotants, maladie, menace invisible, danger…Ce sud là, c’est aussi celui de Point Lookout, L’excellent Add-on téléchargeable pour Fallout 3. C’est, de tous les contenus téléchargeables, probablement le seul sur lequel ne pas faire l’impasse.

Review vidéo chez IGNPoint Lookout sur Esprits.net

Les livres des Merveilles

Jeux de rôle en ligne, univers persistants

Prendre le temps de choisir son MoMO

« Venez avec moi, ladies et gentlemen, vous qui êtes plus ou moins fatigués de Londres, venez avec moi; et vous aussi qui êtes las de tout dans ce monde que nous connaissons, car nous avons ici de nouveaux mondes »

Lord Dunsany -Introduction au « Livre des Merveilles »

Univers dévoreurs, parfois cannibales, les mondes imaginaires des MMORPG se révèlent souvent exclusifs pour ceux qui ne peuvent multiplier le nombre de leurs « vies de songes ».
Choisir le lieu et l’objet de ses ébats, c’est aussi renoncer. Aussi facilement qu’on s’amourache au premier regard, on peine dans les premiers instants à reconnaître ce qui ne sera qu’aventure éphémère de l’infinie passion.
Fidèles à votre Univers ou papillons volages entre les sphères, comparez, conseillez vos Mondes, et invitez-y vos semblables.

La Section « Antre Nous » Bien Choisir son MMOEverquest II : le MMO PVE ultime ?