Archives pour janvier 2008

Formule Dé : La formule 1 sans risque, servie sur un plateau

Le jour de la mort d’Ayrton Senna reste profondément gravé dans ma mémoire.

J’étais ce funeste dimanche attablé à une table de formica qu’on ne fait plus guère encore que dans les demeures paysannes, aux confins d’un de ces hameaux qui pullulent dans la Sarthe endormie. Je vivais encore les jeunes années où on apprécie guère le café, surtout lorsqu’il est d’origine douteuse, réchauffé depuis des heures et servi dans un verre à moutarde.
Je jouais donc avec ma cuillère plus que je ne buvais la mixture agricole qu’on me servait. L’esprit tout entier absorbé à faire le compte des tâches graisseuses qui couvraient la table, je n’ai d’abord prêté que peu d’attention aux borborygmes de notre hôte, qui revenait de la pièce voisine en tenant à la main de quoi remplir les tasses de ceux qui avaient eu l’audace de sitôt les vider.

« Pardon ? » retournais-je innocemment à celui que je n’avais pas fait l’effort de comprendre. Le vieil homme répéta alors de cet accent inimitable qui disparaitra probablement avec sa génération : « Dans l’Radio y disent que c’te grand con d’Senna qu’il a tapé le mur, s’est vidé sur l’chaussée comme une cochonaille et qu’il est mort ».

Une parcelle de mon petit monde subissait un seisme. Le vieil homme quant à lui faisait la moue de celui qui vient de perdre un veau.

Il ne faut pas s’y tromper. Je n’étais et ne suis toujours pas de ceux qui goûtent aux sports mécaniques comme à l’Art baroque, considèrent les jantes alu comme symbole d’élégance et le pare-buffle signe de bon goût. Il était cependant un rituel inamovible, tandis que dans le poste de télévision un Mansell se lissait la moustache et Prost se cherchait une contenance, d’endosser en compagnie de quelques copains le casque de course pour une petite partie de Formule Dé.

Ce jeu de plateau est une petite merveille. Si loin d’une simulation, il dissimule pourtant un véritable trésor tactique sous l’élégance de la simplicité: Un post-it suffirait presque à en contenir les règles et le temps d’un tour de piste à les expliquer.

Je suis fortuitement retombé dessus au détour d’une chicane qui me planta devant les étalages d’un petite boutique locale. Sorti du stand les mains tremblantes d’enthousiasme, je n’ai évidemment pas tardé longtemps à céder au désir de vous le présenter.

Formule Dé Online-Formule Dé sur wikipédia

Comments Un commentaire »

Le Monde à la maison.

Un rêveur à l’esprit vagabond se suffit presque à lui-même pour écrire en pensée les actes majeurs de ses propres histoires. Et si sa maisonnée est sombre, tranquille et endormie, il peut dans son lit et sans entrave se faire le démiurge des espaces infinis.
Celui dont il s’agit, couvert de ses draps, s’imagine sans peine l’univers rempli d’étoiles. Une lampe de poche à la lumière jaune et vacillante, tout à côté, lui fait une nova acceptable.
C’est d’abord le vrombissement des réacteurs qui, produit par son puissant son de gorge, annonce l’arrivée des destroyers. Ses deux mains pénètrent ensuite son champ de vision dans un souffle. Elles sont prêtes pour la bataille. Les bras bougent comme les vaisseaux virevoltent, les blasters fusent aux rythmes des « piou-piou » qu’on produit en claquant les lèvres. Les messages alarmistes assourdis d’équipages imaginaires emplissent l’espace confiné d’un monde miniature.
De longues minutes s’écoulent ainsi dans un débordement de gestes et de bruits. Ce n’est qu’après de nombreuses joutes que le maître d’oeuvre décide enfin que l’un des opposants est touché à mort. Il gonfle sa bouche pour laisser jaillir un cri qui se doit d’être une gigantesque et sonore explosion sidérale.

Et c’est malheureusement trop souvent à ce moment que sa compagne soulève la voute céleste de coton. Elle lui demande, excédée par cette cacophonie, s’il compte enfin se décider à dormir.
Le rêveur passionné alors grommelle, se drape et se retourne tout en se maudissant de ne plus être un enfant.

La bataille est terminée…

Les anciens d’Esprits.net ont comme lui bien du mal à oublier un Homeworld 2 qui fît jadis le bonheur du site. Ce jeu n’a pas encore son successeur et c’est le mod Complex 6.1 qui le remet sur scène. Sorti le 15 janvier, ceux qui l’ont essayé témoignent de bien plus qu’une mise à jour ou qu’une variante. C’est à les croire une renaissance, une véritable révolution. Ici même, c’est Burton qui nous à mitonné un tutoriel au petits oignons et vous recrute pour le tester en multi.

Enjoy.

Le topic sur les forums

Comments Pas de commentaire »

Mask of the Betrayer par Butch

Qu’est-ce que de nos jours un Jeu de rôle médiéval-fantastique ? Oh, fastoche. Des elfes, des orcs… hmmm… un Seigneur des Ténèbres qui a été scellé dans une prison il y a 999 années et 350 jours par les héros des Temps Anciens, et bien entendu la prophétie cent pour cent fiable qui prédit son retour après mille ans d’emprisonnement. Il sera évidemment accompagné d’un évènement cataclysmique, comme par exemple une bonne combinaison de Pluies de la Destruction, d’Armageddon et de Ragnarok, s’il n’est pas stoppé avant son réveil. Ah, bien sûr, on liera la chose à l’aide d’un tout jeune un héros qui va vite devenir un guerrier/mage/shaman/etc… très puissant, seul espoir du monde face au retour du Mal.

Mais dans Mask of the Betrayer, pas de Seigneur des Ténèbres en vue…

Hein ?

Le héros n’aura là aucune grande quête d’Elu sauveur du monde dans ses bagages. Il se retrouvera à la place avec une condition qui lui donne un fort appétit pour les esprits. Celui-ci a d’ailleurs fort intérêt à être rassasié, sous peine de provoquer quelques effets désagréables dont le moindre pourrait être la mort.

Et Bien alors, il se passe quoi s’il n’y a pas de monde à sauver et d’incarnation du Mal à terrasser ?

Du Plan de l’Ombre aux Territoires des Dieux, en passant par le Monde des Rêves, le héros fera la rencontre de sorcières qui ne cachent pas leur dégoût de tout ce qui touche au festin d’esprits, de Mages Rouges qui ne pensent qu’a tuer leur prochain pour prendre sa place, d’esprits de personnages du passé ou encore de Dieux morts.
Une ribambelle de compagnons, trouvant chacun leur intérêt à suivre cet étrange héros, l’accompagneront dans sa quête sur les origines de sa condition de Spirit-Eater, et sur la manière de gérer cette malédiction.

Attends une minute ! Comment ça malédiction ?
J’ai toujours rêvé de me balader dans la campagne en réclamant le sang et les âmes de ceux qui osent seulement lever les yeux sur moi, sans compter ajouter Reaper of Souls et Ravager of Hopes à la liste des noms par lesquels les gens m’appellent !

Alors… votre rêve pourrait fort bien se réaliser…

                                                                                                                 Butch

Comments 5 commentaires »

Un jeu trop loin…

Transporté par des crises de délires oniriques qui conféraient à ses arguments l’allure de prophéties extatiques, M. Ralph Baer eut d’abord bien du mal à convaincre Atari de la faisabilité de son ambitieux projet. Celui qui avait assisté la veille seulement au dernier concert de Jimmy Hendrix n’était en effet plus tout à fait lui même…

Cet insipide et docte M. Baer, dont l’existence routinière venait d’être secoué par un génie musical, arborait à présent le regard des illuminés qui ne trouvent le repos qu’à l’accomplissement d’un sacrifice à des forces supérieures.

Lorsque qu’enfin la firme naissante confia à cet homme auparavant tranquille les rênes d’un vaste projet technologique, ce dernier s’affaira à son atelier avec l’ardeur d’une pucelle qui conduit son roi au succès.

Le premier Jeu vidéo « Guitar Hero » allait naître, c’était certitude à écouter M.Baer.

Par un hasard malheureux, lorsqu’en 1970 il mît enfin un point final à sa croisade informatique, Hendrix s’était depuis déjà longtemps mortellement étouffé par les fruits de sa notoriété.
Si la firme Atari ne fût finalement pas tout à fait déçue par le travail de M.Baer, elle jaugea que le résultat était par trop éloigné des rythmiques et des visuels attendus. Elle estima donc plus prudent de rebaptiser le projet « Pong » et de jeter le voile sur les visées initiales de son créateur.
M.Baer avait inventé le jeu vidéo mais avait échoué dans sa tentative d’hommage à son idole défunte. Ralph Baer est aujourd’hui, dans les dernières années de son existence, à nouveau le petit homme simple qui fait le bonheur tranquille de son foyer. C’est finalement l’année dernière qu’ Activision sort GUITAR HERO III, et Wiwi qui nous en parle.

Comments Un commentaire »

Le soft qui pulvérise le MMO*

Il est une placide période de l’existence où le corps s’ankylose et où l’esprit n’est plus aussi sensible aux bouffées d’adrénaline d’antan.

Lorsqu’il est baigné de la lueur douce et rasante que lui confère une longue expérience, le joueur pénètre dans le « gai automne » de sa pratique ludique. A cette tranquille saison, rien n’a plus tout à fait le goût puissant ni la piquante saveur du temps jadis. La simple perspective d’une mission suicide en forêt tropicale lui fiche alors la tourista et l’idée même de parcourir à tombeau ouvert les artères d’une métropole dans un bolide customisé n’est que peu de chose face à l’excitation d’enfin achever une grille de Sudoku particulièrement retorse.

N’allez pas cependant imaginer que ce joueur qui vit sa passion au rythme d’une horloge campagnarde nourrit en réalité une secrète et souterraine dépression nerveuse.

Il est en effet courant qu’il ne dédaigne pas l’humour désopilant d’un coussin péteur sous le fessier de son hôte ou encore qu’il échafaude mentalement un ambitieux plan de carrière pour son lapin domestique…

…Et lorsque le soleil se couche et que la maisonnée sommeille, qu’il échauffe ses cellules grises et glousse comme un gamin aux élucubrations contenues dans les six derniers épisodes de Sam et Max.

Cynique, Subtil, Absurde et savoureux, Sam & Max Saison un dissimule sous un Gameplay nonchalant de petits trésors d’irrévérence. Sam & Max Saison un, c’est bon, mangez-en…et si ma harangue vous a plongé dans la perplexité, laissez à cette présentation la chance de vous faire plier.

Site officiel.

* Accrocheur hein ?

Comments 3 commentaires »

AWSOM Powered