Archives pour décembre 2007

Robert Neville avant sa plongée dans les fonts baptismaux.

Tenter d’inculquer Darwin à un Mormon, c’est un peu comme promouvoir Britneys Spears auprès des Jivaros. L’outrecuidant prosélyte, s’il est assez chanceux pour échapper à une probable lapidation, concluera à minima que, quelque part, le message n’est pas vraiment bien passé.
Les cultures et les idéologies se confrontent, se frottent et s’échauffent. Il arrive même que parfois, certaines, pas forcément parmi les moins raisonnables, disparaissent au profit des plus vigoureuses.
Cette lutte des différents « Sens de l’Homme » est transparente au citoyen attentif. Il reconnaitra aisément, s’il en fait l’effort, la « patte » et les valeurs d’une civilisation dans sa production littéraire et cinématographique pour ne compter que deux productions humaines parmi les mieux transportables.
S’il est cependant une limite que l’intelligence doit estimer infranchissable, c’est celle qui fait d’une oeuvre artistique une entité distincte, particulière et porteuse d’un sens inaltérable. Qu’on l’estime, qu’on la méprise ou l’ignore, elle n’en reste pas moins la voix de son auteur et de lui seul.
Le film « Je suis une légende », actuellement diffusé sur grand écran, franchit pourtant cette limite pour distiller le messianisme niais dont Hollywood est coutumier. Charlton Heston avait déjà fait le coup en 1971 et c’est sans honte que cette nouvelle mouture rempile. L’oeuvre littéraire de Matheson dont le film est l’adaptation n’est pas seulement modifiée mais véritablement transfigurée, dénaturée, proprement vidée de son essence originelle. Imaginez le Baron Sellière adapter « Les misérables » et vous n’aurez pas une fausse mesure du terrorisme artistique dont l’adaptation de « Je suis une légende » se rend coupable.

Ce n’est qu’un petit livre et ce n’est qu’un petit film. Ce sont deux choses bien futiles mais c’est pour moi, un nouveau symptôme…

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I’m lookin’ for some alien toilet to park my bricks! Who’s first ?

Depuis que Gordon le lapide quotidiennement à l’aide d’un ingénieux appareil de sa confection, depuis que la langoureuse et Sculpturale Crysis s’étale en Transat dans la propriété mitoyenne, Duke l’a franchement mauvaise.

Et lorsque Sam se mit ouvertement à piétiner ses parterres de Magnolias en sifflotant, c’en fût bientôt trop pour les reliquats d’orgueil qu’il nourrissait encore.
Le groupe de parole de Macaulay Culkin devint bientôt la seule issue du Duke. Vouée aux fulgurantes et juvéniles étoiles dont on se demande si elles feront un jour des hommes mûrs respectables, cette nouvelle famille l’a assurèment beaucoup aidé à traverser dix longues années d’impénitences…
Prétendument barbouillé par les developpeurs sur un morceau de papier toilette pendant la pause Ricoré, Duke Nukem s’affiche aujourd’hui dans un teaser dans lequel on l’aperçoit sucer des tagadas aux stéroïdes.

Et Alors ? Doom III fût une réussite malgré ses années d’absence, Prey nous a bien livré, malgré ses imperfections, le lot d’innovations promises. Stalker enfin, s’est révélé être une véritable et belle réussite. Qu’en sera t’il du plus coriace des « arlésiens »…s’il sort un jour ?
A vrai dire, qu’il sorte ou ne sorte pas, que Laura puisse y jouer avant sa majorité ou qu’elle soit contrainte de transmettre le flambeau de l’espérance à ses propres enfants, qu’il soit bon ou mauvais, tout devient accessoire.
Duke Nukem Forever, sans même entretenir d’existence réelle, est déjà un Mythe, une légende. Son entrée dans notre monde banal sera ma première déception. Qui sait si ce sera la seule..?

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Jeunesse perdue…

Le bon père de famille, soucieux de la maturation émotionnelle de sa tendre progéniture, bénéficie depuis 2003 de la classification PEGI qui orne l’arrière de toutes les jacquettes.

Une telle classification lui permettra très prochainement d’être judicieusement guidé lors de ses achats de Noël. Il lui sera cette fois-ci encore inutile de se taper Tomb Raider Legend jusqu’à son terme pour vérifier que Lara ne montre à aucun moment ce qui ne doit pas être vu par Kévin.

A titre d’exemple, cette classification PEGI garantit également à son héritier, dans sa septième année, de tirer le meilleur du français châtié d’Américan Civil War où de se prémunir de l’odieux comportement de Ray-man à l’égard d’adorables lapins.
Il se pourrait cependant que la protection de la jeunesse aille bientôt plus loin par l’introduction prochaîne d’une loi visant à interdire tout simplement la vente de jeux aux clients n’ayant pas l’âge requis. Ce qui n’est dans le système PEGI qu’une recommandation pourrait obtenir force de loi, sanction à la clef pour les contrevenants.

Par un étrange mouvement contraire, si certains jeux sont en passe de refouler les gamins à leurs entrées, l »apparition digitalisée de nos chères têtes blondes devient, sinon fréquente, du moins remarquable depuis quelques mois. Alors que les Elder Scrolls ont toujours volontairement refusé la représentation d’enfant dans leurs univers, The Witcher pullule de marmots impertinents. Bioshock va même bien plus loin encore et fait du martyr d’enfant une simple question de survie.

Le jeu vidéo est-il donc sur le point de devenir un loisir exclusivement adulte ?

Pour ma part, à jauger les nombreux dangers de cette pratique perverse, j’ai pris ma décision. Mon neveu, malgré son insistance et ses pleurs, n’aura pas de console pour Noël. Il devra se contenter de la traditionnelle et festive carabine à plomb…

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