Se pourrait-il bien ?

Se pourrait-il bien ?

La question…

Le gros point fort de l’éditeur est sa capacité à matérialiser les créations les plus grotesques issues des méandres tortueux et pervers de votre imagination.

Le jour de son pèlerinage à l’Abbaye de Westminster, Will Wright n’oublia ni ses mocassins bleus, ni son bouquet de violettes. Parcourant d’un pas rapide  les marbres séculaires de la crypte royale, Il n’accorda à la sépulture D’Isaac Newton que la grâce d’une simple œillade, pour ralentir et se recueillir par contre longuement devant celle, toute proche, de Charles Darwin.
Un touriste dont la bonne foi ne saurait être contestée nous rapporte que ce jour-là, il y a de nombreuses années déjà, Will Wright fit cependant  preuve d’un comportement rien moins que étrange sinon véritablement inquiétant.
De génuflexions répétées en geste emphasiques, Will s’approchait chaque instant davantage de la tombe et murmurait ce faisant doucement à la pierre.Depuis l’autre bout de la galerie, on percevait aussi  petits rires espiègles qui ponctuaient ce qui semblait être un long monologue à voix basse, à destination de l’Au Delà.
Il semblait alors mais personne ne peut en être sûr, que Will partageait religieusement un fabuleux secret avec l’eternité et la sourde dépouille du grand Charles.

Ce dont on est par contre certain, c’est que lorsqu’on trouva au crépuscule Will allongé sur la froide sépulture et ses deux mains autour du monolithe, son regard n’était plus tout à fait celui d’un homme à l’esprit sain et raisonnable.

Eut égard à la respectabilité de M. Wright, rien ne filtra jamais sur ce passage étrange, morbide, et surprenant de son existence. Il resta jusqu’à aujourd’hui  lui-même mari accompli, bon père de famille et démontra comme à son habitude une ardeur à l’exécution du travail créatif qui est le sien.

Mais par contre, depuis huit jours, dans l’Abbaye de Westminster, des sonorités lugubres se font entendre et sèment la confusion dans les esprits des officiants les plus raisonnables. On dirait parfois comme un tonneau qu’on roule sur le marbre ou plus exactement, comme un gros objet qu’on tenterait de retourner dans un endroit confiné. Plus encore;  lorsque le vent tombe, que chacun se tait et que la pluie cesse de battre les tuiles de l’édifice, on jurerait presque entendre depuis le sous-sol  un vieillard sangloter…

Spore sur le forum Biographie de Charles Darwin.

Laisser un commentaire