L’Art de la guerre

L’Art de la guerre

Essai sur « l’Art de la guerre » dans le jeu d’histoire et de stratégie

-La guerre à l’état de nature-

Lorsque le premier primate fut capable de se dresser sur ses pattes arrières, il dut probablement très vite s’aviser que ses membres antérieurs, désormais libérés du laborieux exercice de la marche, constitueraient des outils très efficaces pour dérouiller la trombine du voisin de palier.

Ce même primate, très certainement échaudé par son premier échec quand il s’aperçut que son adversaire avait inventé le coup de boule avant lui, tira néanmoins bien vite d’ingénieuses conclusions de sa cuisante infortune.

Il découvrit d’abord que muni d’un baton, son action se révèlait plus efficace et lorsqu’il en trouva un qui était pointu, ce fût encore mieux. Il ne lui fallu que peu de temps aussi pour juger qu’avec un ou deux copains de son côté, ses probabilités d’être blessé diminuaient et que ses probabilités de victoire prenaient l’allure d’une courbe exponentielle.
Il s’activa ainsi petit à petit à s’assurer la fidélité et l’abondance de bons amis trappus près de lui tandis que l’autre en face, qui s’affairait de même, apprenait qu’embusqué et en lancant des objets de loin, on se salissait moins les mains.

Si les motifs et les visées des conflits conservent aujourd’hui la simplicité touchante et merveilleuse de ces époques reculées (davantage d’espace pour planter les radis, plus de femmes pour recoudre les caleçons, essence moins chère pour la petrolette), les moyens et les techniques mis en oeuvre pour s’assurer du gain ont suivi depuis lors une croissance géométrique.

Loin de prétendre refaire l’histoire militaire, stratégique et tactique, je me contenterai depuis l’époque bienheureuse de notre ami sauvage de parcourir quelques millions d’années ( pof pof ! ) et faire brièvement halte quelque part au cinquième siècle avant J.C, le temps d’une pause pipi. Sun Tzu écrivait à cette époque son « Art de la guerre », qui constitue depuis près vingt-cinq siècles un ouvrage majeur de la pensée stratégique.
Sun Tzu ne voit déjà plus alors, dans la rencontre des armées, une expression de la force brutale qui consacrera la victoire du plus fort…Mais déjà un jeu habile où la reflexion, l’abstraction, la ruse sont les clefs d’un succès parfois imprévisible. Sun Tzu refléchit la guerre, il en fait un objet d’observation et un sujet d’étude.

-Guerre un jour, guerre toujours-

Je ne ferai pas pour ma part d’apologie de la guerre car je n’ai qu’une attirance très relative pour des pratiques qui visent à déverser à terre les intestins de mon prochain ; mais les bienheureux joueurs que nous sommes, nés à la bonne époque et sous des latitudes policées, ont la chance de pouvoir prendre le meilleur et ne pas toucher au pire. Pousser des bouts de cartons ou cliquer sur un écran est bon pour la santé et c’est heureusement les mains propres et l’esprit sans haine que deux adversaires peuvent rivaliser d’astuce depuis l’invention du wargame, du jeu d’Histoire et de stratégie (Kriegspiel en allemand).

Débarrassée de son horreur, la guerre dans le jeu de stratégie permet aux petites cellules grises et à la testostérone latente de s’épanouir sans scrupules ni pensée pour les familles.
Mais ainsi « réduite » à l’état de jeu – ou de sport selon les conceptions- la guerre menée dans la tièdeur d’un salon douillet obeira néanmoins aux mêmes logiques qui président à la victoire ou à la défaite en rase campagne.
Je vous propose donc de visiter ensemble ces « logiques de guerre », ces notions applicables… (suite de l’article)

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